Contenu - Le carnet de notes journalières sur le bois

Le carnet de notes journalières sur le bois. Lorsque nous déambulons, attentifs, au travers de nos forêts européennes et discutons avec les professionnels et les paysans locaux, nous faisons souvent des découvertes remarquables. Nous en notons certaines dans notre carnet de notes journalières sur le bois, afin de pérenniser notre savoir et identifier les relations de cause à effets. Nous aimerions ici vous faire part de quelques-unes de ces remarques.

La floraison des arbres. En mai, la puissance de la nature se déploie de manière perceptible et ce n’est un hasard si ce mois est l’un de nos favoris. 

10.05.2017

La floraison des arbres. En mai, la puissance de la nature se déploie de manière perceptible et ce n’est un hasard si ce mois est l’un de nos favoris. 

Souvent, des températures déjà estivales préludent à la saison préférée de la plupart. Notre perception se concentre généralement sur la floraison des fleurs, des arbustes et des arbres fruitiers du jardin. Par contre, la floraison des ligneux forestiers reste fréquemment ignorée. Le merisier que l’on rencontre souvent à la lisière des forêts est l’une des rares espèces d'arbres qui arbore une floraison abondante. Au printemps, il se distingue par une parure blanche qui contraste avec un environnement parfois encore un peu terne. 

La floraison des autres ligneux forestiers est plus discrète et souvent peu visible, bien au-dessus de la tête des visiteurs de la forêt. Le début de la floraison des arbres dépend d’un grand nombre de facteurs, notamment des conditions climatiques mais aussi de l’ensoleillement, voire de la durée de l’ensoleillement. Le positionnement des bourgeons floraux, ainsi que la période de floraison en sont tributaires. La qualité du site, qui dépend de la zone de croissance, de l’exposition, de l’altitude et, bien évidemment de l’apport de nutriments est également déterminante pour la floraison. 

Avec une croissance dans des conditions environnementales correctes, les différentes essences ont besoin de quelques années pour parvenir à la formation de fleurs, qui est déterminante pour la capacité de reproduction. Les arbres qui se développent dans des espaces dégagés fleurissent plus tôt que les arbres situés à l’intérieur d’une surface boisée. 

L’incidence de la température sur la formation de fleurs a été démontrée pour plusieurs espèces. Si le printemps ou le début de l’été de l'année précédente a affiché des températures supérieures à la moyenne, il en résulte une floraison plus abondante l'année suivante. Le niveau de température déterminant le début de la floraison varie d’une espèce à l’autre : les espèces précoces comme le noisetier et l'aulne ont besoin de températures moins élevées que le hêtre, le chêne, l’épicéa et le sapin qui n’atteignent leur stade de floraison que début mai. 

La reproduction résulte de la pollinisation. La pollinisation désigne le processus de transport du pollen sur des cicatrices ou des ovules soit par les abeilles, soit par l’action du vent. Chaque fleur de l’épicéa contient environ 200 000 grains de pollen, la fleur de pin plus de 160 000, de chêne plus de 40 000 et de hêtre plus de 12 000. 

Les nutriments jouent un rôle particulier dans le processus génératif de l’arbre. La règle de base est la suivante : Si l’année précédente a permis un stockage important de nutriments, il pourra en résulter l’année suivante un haut rendement de fruits. A l’inverse, il peut arriver que l’arbre soit particulièrement affaibli et puise dans ses dernières réserves pour fleurir une dernière fois avant de mourir. 

Pour une floraison vigoureuse, l’arbre a cependant besoin de suffisamment d’eau. Le socle de température est également un paramètre important durant la pleine floraison. Afin d’assurer une pollinisation optimale de la fleur, en particulier pour les arbres fruitiers, les abeilles ont besoin d’une température extérieure d’au moins +9 degrés Celsius. 

10.05.2017

Stockage de grumes - protection du bois par un abattage au moment le plus approprié. Dès l’instant que nous séparons l'arbre de ses racines, il incombe aux hommes d’apporter un grand soin à la préservation de sa valeur et de lui assurer une seconde vie par un nouvel usage, dès lors qu’il ne s’agit pas de bois de chauffe.

12.12.2016

Stockage de grumes - protection du bois par un abattage au moment le plus approprié. Dès l’instant que nous séparons l'arbre de ses racines, il incombe aux hommes d’apporter un grand soin à la préservation de sa valeur et de lui assurer une seconde vie par un nouvel usage, dès lors qu’il ne s’agit pas de bois de chauffe.

La meilleure protection du bois réside dans le choix du moment le plus approprié pour son abattage. En règle générale, il se situe toujours durant les mois froids de l’année. Il convient de privilégier la période allant de novembre à la première nouvelle lune de mars. Afin d’obtenir un bois homogène et peu nerveux lors du stockage ultérieur, il convient clairement de privilégier un abattage en période de lune décroissante. On désigne alors ce bois par bois de lune. 

Que le bois demeure un certain temps dans la forêt après l’abattage est plutôt un avantage qu'un inconvénient. Si lors de l’abattage par exemple, un transport est rendu impossible en raison d’une neige abondante, le sens de chute de l’arbre n’est pas aléatoire et doit être déterminé avant la coupe, de manière à ce que la cime pointe vers le bas et se trouve en contrebas des racines. La direction de la chute ne peut pas être laissée au hasard. L’entaille d’abattage doit si possible se situer du côté de la vallée, la coupe d’abattage du côté de la montagne, le coin à fendre devant être placé de telle manière à forcer l’arbre à basculer dans la direction de chute prévue. A ce stade, on laisse simplement les branches sur le tronc et on coupe uniquement la couronne. Les sucs encore présents dans le bois s’écoulent par l’effet de la gravité. En outre, l’eau capillaire absorbée au niveau du sol circule de toute façon dans cette direction. A ce stade, l’instinct de survie visible à l’œil est impressionnant. L'arbre entraîne les sèves restantes vers les branches pour permettre, grâce aux fleurs et au contact avec le sol, la formation de jeunes pousses - un phénomène étonnant. Ainsi, le tronc s’assèche et les branches lourdes gorgées de liquide sont laissées sur place après la coupe. Ce processus naturel est appelé „saignement“ ou „maturation“. 

Si l’on retire ce bois de la forêt au printemps suivant, on obtient, après le sciage, un merveilleux résultat : La coloration caractéristique de l’essence de bois est plus intense et homogène, le bois coupé est dépourvu de tensions. L’humidité initiale réduite représente un gain de temps important pour le séchage à l’air hors de la forêt. Cet investissement s’avère payant.

Autrefois, on laissait volontiers les grumes de chênes, pointe vers le bas, à l’ombre et à l’abri du vent en forêt durant tout l’été. Les tanins inégalement stockés se répartissent uniformément durant cette phase de repos et la coloration s’ajuste. L’hiver suivant la coupe, le chêne semble optiquement plus satiné, homogène et moins noueux. Pour ce processus, on sélectionnait volontiers des troncs particulièrement précieux. 

Le stockage des grumes sous aspersion est une autre pratique. Aujourd’hui encore, certaines scieries spécialisées dans le bois de chêne stockent l’équivalent en grumes de toute une année de production tête vers le bas. Le bois est aspergé en permanence, sauf les jours de forte pluie. L’effet sur le bois en soi est pratiquement le même que celui obtenu par un stockage en forêt. La différence réside dans le fait que le tanin stocké est comme „rincé“ par l’eau s’infiltrant en permanence depuis la base surélevée du tronc. Le résultat au niveau du bois n’en est que bénéfique pour toutes les opérations de transformations ultérieures. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises ne peuvent plus se permettre un tel préfinancement, d’une part en raison du temps de stockage incontournable des grumes et d’autre part, en raison d’entrepôts de stockage de grumes nécessairement plus vastes. 

12.12.2016

Le chêne de Slavonie. L’industrie du bois est un secteur riche d’une longue tradition.

28.10.2016

Le chêne de Slavonie. L’industrie du bois est un secteur riche d’une longue tradition.

Le concept de développement durable a émergé ici - en 1713 déjà Hans Carl von Carlowitz utilise ce terme pour la première fois dans son livre „Silvicultura Oeconomica“, un manifeste en faveur de l’utilisation responsable des ressources. L’auteur y préconise de ne jamais abattre plus d’arbres qu’il ne peut en repousser. 

La matière première en soi n’a pas varié depuis – la diversité des domaines d’application a sans doute augmenté. Les propriétés sont ce qu’elles sont et doivent être prises comme telles. Une sylviculture judicieuse permet toutefois d’influencer la croissance de l’arbre dès le départ et donc de l’adapter au mieux aux besoins.

Alors que l’on trouve aujourd’hui de nombreux produits nouveaux et innovants dans le domaine des matériaux dérivés du bois qui peuvent être définis avec précision en tant que produits normés, le secteur du bois massif est, quant à lui, largement exclu du progrès technologique. Pour autant, il existe dans ce domaine aussi des possibilités de transformations additionnelles adaptées aux besoins des transformateurs.

L’étuvage représente l’une de ces étapes de transformation très appréciée - surtout pour le noyer, le hêtre et l’orme, mais également en nette augmentation pour le chêne et le frêne.

Grâce à l’étuvage, la „cuisson“ du bois vert, le chêne prend toute sa coloration et perd également une grande partie de la tension inhérente. Les substances captées dans l’air et emmagasinées grâce à la lumière du soleil qui ont été stockées dans le bois en tant que nutriments sous forme de glucose, se transforment au cours de ce processus. Le sucre devient rougeâtre. 

La fusion avec l’acide tannique, le tanin, vert à la base et stocké au cœur du tronc donne au final une belle tonalité terreuse brun foncé, qui rappelle celle d’un chêne transformé depuis un millénaire. 

D’un point de vue historique, le chêne de Slavonie trouve son origine dans la politique de réforme intelligemment menée par la monarchie impériale austro-hongroise du milieu du 18ème siècle. A cette époque, l’impératrice Marie-Thérèse fit assécher les zones humides de la plaine pannonienne par des plantations systématiques. La région englobe l’est de la Croatie (la Slavonie), le sud de la Hongrie et une partie de la Roumanie (le Banat). Le droit forestier encore en vigueur aujourd’hui en Croatie est issu de la plume de l’impératrice. Elle a fait planter un grand nombre de chênes et de frênes dans les zones inondables des rivières de la Drave et de la Save et jusqu’à la vaste plaine du Danube. En initiant le drainage naturel par un boisement judicieux, elle a permis de générer sur le long terme les terres agricoles nécessaires.

Le niveau élevé de la nappe phréatique a favorisé le développement d’un système racinaire de surface, une coloration claire et homogène et des cernes réguliers qui constituent les caractéristiques et la particularité des chênes pédonculés, des chênes sessiles, ainsi que de leurs hybrides issus de cette région. C’est pourquoi, on parle aujourd’hui dans le monde entier du „chêne de Slavonie“, né en son temps d’une nécessité et qui assure aujourd’hui encore l’existence de la génération actuelle grâce à une gestion habile. 

Ces chênes sont situés plus au sud que ceux des vastes forêts de chênes d’Europe centrale et doivent par conséquent se protéger d’un l’ensoleillement plus important par une couronne plus ample. Ils assurent ainsi le climat nécessaire à la croissance des jeunes plants au sein la grande futaie.

28.10.2016

Le pommier sauvage. Depuis plusieurs semaines, les paysages ruraux sortent de leur hibernation.

10.04.2016

Le pommier sauvage. Depuis plusieurs semaines, les paysages ruraux sortent de leur hibernation.

Une première coloration verte devient visible, les arbres les plus précoces se parent de fleurs. Dans l’univers végétal, la phase de croissance et de reproduction démarre. Le paysage rural marqué par l’empreinte de l’homme est en constante mutation : De nouvelles espèces – appelées néophytes - apparaissent, introduites accidentellement ou intentionnellement. Par contre, d'autres espèces anciennes, qui faisaient partie intégrante de l’univers quotidien des populations autochtones durant des millénaires disparaissent. 

Le pommier sauvage (Malus sylvestris) est l’un de ces arbres provenant de cultivars disparus il y a fort longtemps. Les découvertes de restes de fruits les plus anciens remontent probablement à 6000 ans. De telles découvertes sont fréquentes dans les constructions rubanées ou sur pilotis de même que dans les sépultures d’Europe centrale. Les populations connexes de ces espèces n̕existent plus depuis longtemps et l’influence des hybridations, des espèces naturalisées, des pommes cultivées ont menacé la pomme sauvage et l’ont conduite à sa disparition complète. 

La zone de répartition naturelle du pommier sauvage s’étend de l’Europe à l’Asie Mineure, les frontières méridionales et orientales de cette dernière restant cependant floues. Les régions de plaine d’Europe centrale constituent les principales zones de répartition. Dans les Alpes, on retrouve le pommier sauvage jusqu’à une altitude de 1100 m au-dessus du niveau de la mer. Il préfère les plaines alluviales et la lisière humide des forêts. L’intervention humaine ayant fortement réduit les zones d’implantation, le pommier sauvage est en voie d’extinction. Le pommier sauvage pousse de manière disséminée dans les forêts alluviales, les haies et les buissons, sur des sols non cultivés, riches en nutriments et en bases, généralement rocheux et argileux en profondeur. Un climat chaud et humide lui est nécessaire. 

Une forte densité d’implantation est un paramètre essentiel à la propagation. La distance de transport de pollen est comprise entre 6 m au minimum et 10,7 km au maximum.

Une étude menée par l'Agence fédérale de l'agriculture en Allemagne a démontré que le nombre de pommiers sauvages voisins de l'arbre mère a un fort impact sur la distance de transport des pollens. Si par exemple, uniquement quatre arbres sont situés dans un rayon de 250 m de l'arbre mère, le taux de transport de pollen est en moyenne de 950 m. Il est à noter également qu’au niveau de cette progéniture, le nombre d'hybrides est le plus élevé. Cependant, si plus de 20 pommiers sauvages sont répartis dans un rayon de 250 m autour de l’arbre mère, le taux de transport moyen de pollen s’élève uniquement à 30 m et aucun des semis n’a été fécondé par une pomme de culture. Une augmentation de la densité de la population conduit à une floraison plus abondante, l’abeille peut ainsi trouver une nourriture suffisante, même dans un rayon réduit. La pollinisation entre arbres voisins est favorisée et les distances de transport de pollen sont réduites. Dans le même temps, le risque d’hybridation avec une pomme cultivée diminue. Dans le cas de spécimens isolés, il est prévisible que le nombre d’hybrides augmente dans la régénération naturelle et qu’ils supplantent durablement le „vrai“ pommier sauvage. 

Mais il est intéressant de noter que même les scientifiques débattent au sujet de la distinction entre le pommier sauvage et les autres espèces. La forme originale supposée du pommier de culture est le Malus domestica, bien qu’une hybridation avec différentes variétés ne soit pas exclue. De récentes études génétiques tendent à confirmer toutefois qu’il provient de la pomme sauvage asiatique (Malus sieversii).

Il s’avère très difficile de différencier le pommier sauvage des formes dégénérées de pommiers de culture. On met même en doute que le pommier sauvage (Malus sylvestris) existe encore de nos jours, on pense qu’il est tout simplement une forme plus ou moins sauvage du pommier de culture. Il est intéressant et encourageant de constater que d’une part la nature se renouvelle en permanence et que d’autre part, la faculté d’adaptation du monde végétal est manifeste. La perte d’une valeur doit nous servir de leçon et le gain d’une valeur doit être perçu comme un cadeau.

Le bois de cœur brun rougeâtre du pommier sauvage, également appelé pommier des bois, est particulièrement apprécié par les artisans d’art et les tourneurs, il est aussi utilisé pour la fabrication exclusive de meubles uniques. Mais les faibles quantités de bois disponible dans les dimensions requises limite la transformation de cette essence dans des volumes plus importants. 

10.04.2016

Taches de tanin. Comment apparaissent les taches de tanin sur le bois de chêne. 

30.11.2015

Taches de tanin. Comment apparaissent les taches de tanin sur le bois de chêne. 

 

Le bois de chêne est l’une des essences la plus largement utilisée aujourd'hui en Europe. Le chêne, il est vrai, pousse en de nombreux endroits et il est généralement facile de s’en procurer. Et pourtant la production de bois de chêne atteint actuellement ses limites. Dans les grandes scieries, certains assortiments sont en rupture de stock et le prix du bois de chêne de coupe augmente.

Cette forte demande a pour conséquence une réduction considérable du temps de stockage des planches empilées à l'air libre, afin que le bois puisse être transformé le plus rapidement possible. S’il était autrefois d’usage de laisser reposer à l’abri de la lumière et jusqu’après l’été suivant les chênes fraichement abattus durant l’hiver, on y renonce aujourd’hui. Ce temps de repos à l’air libre servait pourtant à diffuser de manière homogène dans tout le bois de cœur l’acide tannique (ou tanin) dilué dans l’eau contenue dans le bois. Car le tanin inégalement réparti provoque une coloration irrégulière du bois. En outre, les pluies d’été lessivaient l’excédent de tanin et mettait particulièrement en valeur la coloration naturelle brun doré du chêne.

Les changements météorologiques brusques impactent également la répartition des acides. Alors que nous, les humains, nous sommes entre temps habitués à des passages de plus en plus fréquents d’un temps humide à un temps sec, voire même parfois caniculaire, le bois de chêne souffre des caprices météorologiques. De plus en plus fréquemment, lorsque des vents violents et secs soufflent déjà à partir de février, nous observons la formation de petites fissures sur toute la surface des planches extérieures. Lorsque l’air sec assèche rapidement le bois, les tanins contenus dans l’eau migrent également vers la surface des planches. Alors que l’eau s’évapore, les tanins s’y fixent. La coloration de surface qui en résulte présente souvent une profondeur irrégulière pouvant varier de 2 à 15 millimètres.

Sur la planche fraîchement sciée, la coloration diffuse est à peine visible. Les effets négatifs ne sont apparents que lorsque les planches sont rabotées : les nouvelles surfaces obtenues apparaissent  striées ou tachetées. Des taches de taille variable et de couleur claire et sombre alternent. Le bois présente ainsi un aspect plutôt inesthétique.

30.11.2015

Séchage du bois. Des gerces et des déformations des meubles dues à un séchage inapproprié.

21.08.2015

Séchage du bois. Des gerces et des déformations des meubles dues à un séchage inapproprié.

 

Celui qui travaille le bois est inévitablement confronté à la question du séchage du bois. Car il existe une relation croisée entre le matériau bois et le climat de la pièce où il se trouve - le bois adapte son taux d’humidité à la température et à l’hygrométrie ambiantes, ce qui provoque des modifications de sa forme. Un climat hivernal, froid et sec, provoque une rétractation du bois, des chaleurs estivales et humides par contre entraînent un gonflement du bois. Ainsi, le chauffage et la ventilation ont un impact sur le volume du bois.   

Un chêne peut stocker lors de l’abattage jusqu’à 30 % d’humidité au niveau de ses parois cellulaires. Si toutefois le bois est utilisé pour un aménagement intérieur, dans un espace protégé des intempéries, bien aéré et bien chauffé en hiver, son taux d’humidité moyen ne devrait atteindre que 9 pour cent - avec une marge de fluctuation de ±3 pour cent. Lors du séchage de 30 à 9 pour cent d'humidité, le chêne perd environ un dixième de son volume. Dans le cas d’un séchage trop rapide les dommages suivants ne tardent pas à apparaître : gauchissement, gerces internes et en surface. 

Deux paramètres sont primordiaux pour une préservation durable du bois. D’une part, le respect du taux d’humidité requis en fonction de l’usage final du bois, d’autre part, la manière et la durée du séchage. Dans les pièces non chauffées, l’humidité du bois est ramenée à un taux moyen de 15 pour cent. Dans les espaces faiblement chauffés, un taux de 12 pour cent d’humidité est recommandé, les pièces bien chauffées en demandent 9 pour cent. Cependant, dans les pays alpins, en particulier à une altitude de plus de 700 mètres, on retrouve des valeurs encore inférieures. En effet, en février, un vent sec souffle le long des Alpes et l’air dans les habitations y est souvent trop chaud et trop sec. Ces conditions ont conduit à la conclusion largement établie à travers la Suisse de devoir toujours sécher le bois à un taux de 8 pour cent. 

Afin que le bois vert puisse être utilisé, il faut lui retirer de l’humidité. Un espace de stockage limité et une rotation rapide des stocks pour des considérations financières ont souvent pour conséquence un séchage forcé du bois dans des chambres de séchage sous vide ou par un système d’injection et d’évacuation d’air. Ce processus très rapide dans un climat extrêmement sec et, de ce fait, tout à fait inhabituel « stresse » le bois. En outre, lors d’un séchage à un taux d’humidité inférieure à 11 pour cent, la résistance à la diffusion augmente de façon exponentielle : l’humidité du bois lui est quasiment extraite de force nécessitant une consommation énergétique disproportionnée.

Un séchage progressif à l’air dans un entrepôt constitue un traitement plus doux pour le bois. En l’espace de deux à quatre ans, le taux d’humidité du bois coupé atteint 12 à 16 pour cent. Ensuite, le bois ne doit plus être placé que brièvement dans une cellule de séchage pour ramener son taux d’humidité autour de 10 à 11 pour cent. Pour la fabrication des tables en bois massif, un tel bois, sec et soigneusement stocké, affichant un taux d’humidité de 11 pour cent est plus adapté que du bois vert, séché de manière accélérée dans des chambres de séchage. Il est libre de tensions et ne travaille pratiquement plus, à condition toutefois que l’air ambiant soit propice à ces 11 pour cent d’humidité. Si le bois a été trop séché, il est « assoiffé ». Cette soif répond au besoin du bois sec d’adapter son taux d'humidité moyen à son environnement (humidité contenue dans le bois proche de l’humidité ambiante), c’est-à-dire d’absorber l'humidité. 

Les dommages les plus importants ne sont pas causés par un bois trop faiblement séché, mais par un bois trop sec. Au final, le lieu d’utilisation respectivement son climat ambiant sont déterminants : Si l’hygrométrie du bois est en adéquation avec le climat ambiant, il n’absorbe pas d’eau et n’en rejette pas. Le bois ne travaille pas et ne présente ni fissures, ni déformations.   

Lors de la mesure de la teneur en humidité du bois de sciage, il faut tenir compte du fait qu'un gradient d'humidité est donné à la fois sur toute la largeur de la planche ainsi que du pied jusqu’au fût. Autrement dit, en fonction du point de mesure sur une planche, respectivement un tronc, la teneur en humidité varie. Il convient donc de calculer une valeur moyenne à partir de la valeur la plus élevée et de la valeur la plus basse. Ce taux n’est pas une valeur invariable, mais il sera fonction du climat ambiant sur le lieu d’utilisation. Voilà pourquoi, il est préférable d’adapter l’hygrométrie du bois aussi précisément que possible à son utilisation, plutôt que de l’acheter à un taux fixé globalement à 8%.

21.08.2015

Le jeu des couleurs dans la forêt. Paradoxalement, c'est la diminution de l'ensoleillement en automne qui permet aux fruits d'achever de mûrir.

15.11.2014

Le jeu des couleurs dans la forêt. Paradoxalement, c'est la diminution de l'ensoleillement en automne qui permet aux fruits d'achever de mûrir.

 

Initialement le terme allemand "Herbst" signifiait "période de moissons". D'un point de vue linguistique, il a la même origine que le terme anglais "harvest" et le terme latin "carpere" (cueillir). En Amérique, cette saison se traduit aujourd'hui par "fall", en référence aux feuilles qui tombent. En termes agricoles cependant, l'automne se dit tout simplement "harvest".  

L'énergie solaire diminue en automne, la sève des feuillus reflue dans le tronc et les racines. La chlorophylle principalement qui est responsable de la coloration verte des feuilles est éliminée de cette manière. Sa disparition permet aux pigments secondaires xanthophylle et carotène de s'exprimer: La nature entame sa joyeuse valse des couleurs.

Les pigments actifs à présent, transportés par les fluides subsistants, influent sur la formation du bois "d'arrière saison" reconnaissable à sa coloration et sa densité. Du fait de la nouvelle composition des fluides, l'évaporation au niveau de la canopée se modifie également. La coloration et l'odeur sont un signal pour les insectes et les maintiennent à distance des arbres. 

En raison de la perte d'humidité croissante, les feuilles se recroquevillent peu à peu et se déforment. Les rayons du soleil peuvent ainsi progressivement atteindre directement les graines et les fruits pour accélérer leur processus de maturation - nous en arrivons ainsi au mot "carpere".

15.11.2014

Le chêne rouvre. L'arbre de l'année 2014 et des conseils contestables. 

10.07.2014

Le chêne rouvre. L'arbre de l'année 2014 et des conseils contestables. 

 

Le chêne rouvre (Quercus petraea), nommé également chêne blanc, est l'arbre de l'année 2014. Il pousse comme arbre à feuilles caduques et atteint une hauteur de 25 à 30, parfois même de 40 mètres, avec un tronc mesurant jusqu'à 2 mètres de diamètre. Grâce à ses racines subverticales (pivots), il résiste particulièrement bien aux tempêtes. Il peut atteindre entre 800 et 1000 ans.

Dans nos régions indigènes, nous rencontrons le chêne rouvre ainsi que le chêne pédonculé, très semblables. Ils se différencient par leurs fruits, les glands du chêne rouvre étant portés en grappe par un très court pédoncule, d'où son nom. 

La foudre frappe particulièrement souvent les chênes. Cela tient au fait que leur racine subverticale soit en contact avec les eaux souterraines et qu'ils se trouvent souvent isolés dans les prairies ou autre emplacement. Et si le dicton "Tu dois éviter le chêne, mais tu dois chercher le hêtre." vous vient ici à l'esprit, soyez prévenu: Il n'est pas conseillé de se réfugier sous un hêtre lors d'un orage. La foudre court vers le bas le long de l'écorce humide - probablement là où vous tentiez de vous protéger. Ainsi l'orage ne laisse que rarement de dommages visibles sur le hêtre, mais la foudre ne l'épargne certainement pas.

10.07.2014

Le chêne prisé. Lorsque son écorce et ses fruits étaient plus importants que son bois. 

28.04.2014

Le chêne prisé. Lorsque son écorce et ses fruits étaient plus importants que son bois. 

 

Le chêne joue un rôle important dans la mythologie. Celtes, Germains, Romains et Grecs l'ont tous de la même manière associé aux divinités. Il est l'incarnation de la stabilité, la force et la puissance. La feuille de chêne est aujourd'hui encore représentée en tant que symbole de l'inaltérabilité sur de nombreuses pièces de monnaie, emblèmes et  documents officiels.

Durant les siècles précédents, les chênes faisaient d'un point de vue symbolique partie intégrante du quotidien. Mais les chênes, à l'époque plus nombreux, jouaient également un rôle majeur dans l'alimentation des humains et des animaux. Les forêts de chênes étaient alors principalement fournisseur de fruits et d'écorce, l'utilisation de son bois ne jouait encore qu'un rôle secondaire.

De l'écorce, pelée et séchée au rythme de tous les 20 ans, on extrayait le tanin nécessaire au tannage et à la teinture des peaux de bêtes. Les glands étaient très appréciés en tant que constituant principal de l'alimentation des porcs, produisant une viande à chair ferme et du lard gouteux. Les pâturages et les forêts où les porcs étaient engraissés étaient soumis à des dispositions légales strictes et la valeur d'une forêt de chênes était calculée par rapport au nombre de porcs qui y pâturaient.

Durant les deux guerres mondiales du 20ème siècle, le gland a également pris une place importante dans l'alimentation des humains comme substitut de café.

28.04.2014

Janvier chaud. Pour quelles raisons n'y a-t'il pratiquement plus de vieux noyers utilisables en Suisse? 

25.01.2014

Janvier chaud. Pour quelles raisons n'y a-t'il pratiquement plus de vieux noyers utilisables en Suisse? 

 

Cette année, nous démarrons notre activité de négoce de bois par un hiver particulièrement doux. Même si le mois de janvier est associé au gel, au froid et à la neige, les arbres semblent s'adapter à ces nouvelles conditions climatiques : Ils ont dans nos régions développé une écorce épaisse, afin de ne pas débourrer complètement.

Un vieux paysan de notre village me rapportait dernièrement qu'une situation identique s'était déjà produite durant l'hiver 1956: "Comme le mois de janvier était également très doux, atteignant des températures jusqu'à 15°, les noyers avaient commencé à bourgeonner. En février, il a fallu faire face durant plus de quatre semaines à des gelées importantes et des températures extrêmement basses. Presque tous les noyers ont péri. Ceux qui avaient résisté, portaient désormais les marques des dommages causés par le gel, à savoir le fameux décollement des couches ligneuses, rendant de ce fait le bois inutilisable !"

Les conséquences de ces températures inhabituellement élevées me sont aujourd'hui bien connues. En Suisse, il n'y a presque plus de noyers utilisables. Cependant, la Suisse n'était pas seule à être touchée par ce phénomène. 

Autrefois, les noyers bordaient les allées de la majorité des fermes domaniales. Aujourd'hui, ils ont presque partout entièrement disparu, mais restent très appréciés par la majorité des personnes.

25.01.2014